Comment choisir les bons partenaires pour développer un système ?

Agriculture durable
13.10.2021
Aucune Organisation Non Gouvernementale étrangère ne peut atteindre les objectifs de son projet sans de bons partenaires locaux. Il ne s'agit évidemment pas d'une nouvelle révélation mais d’une réelle connaissance universelle surtout s’il s’agit d’un projet de développement de systèmes. Peut-être même plus qu'ailleurs, car la place du facilitateur se trouve surtout en amont plutôt qu’en première ligne d’une intervention. Le succès d’un projet de développement de systèmes repose sur ses partenaires locaux.
La piscicultrice et partenaire de Béninclusif, Annick Mededji, motive son réseau à accéder à de nouveaux marchés en produisant de nouveaux types d'aliments pour poissons.

Une série de questions simples

Quelle est la stratégie de Béninclusif pour trouver les bons partenaires et définir le mode de collaboration ? Une série de questions de base aide l'équipe du projet dans l’évaluation des futurs partenariats.

La première question est simple : qui est là ? Béninclusif est confronté à une situation de marché dite "mince", où le choix avec qui travailler peut-être limité, parfois à un seul fournisseur d'un bien ou d'un service spécifique. Dans ce cas, la recherche peut être élargie à des acteurs extérieurs qui ne sont pas encore présents dans la zone d'intervention ou l'accent peut être mis sur la stimulation de la concurrence par l'amélioration des conditions cadres.

La question suivante va un peu plus loin : qui est un moteur potentiel de changement systémique ? Pour répondre à cette question, l'équipe de projet doit évaluer le rôle des candidats dans le système et leur potentiel à devenir des catalyseurs du changement. Qui a le pouvoir de motiver d'autres acteurs à suivre, qui est bien respecté au sein de la communauté ? Ces partenaires sont appelés des "adopteurs précoces" dans l'approche de développement de systèmes inclusifs.

Une fois que les partenaires potentiels ayant une pertinence systémique sont identifiés, deux autres questions suivent : le partenaire a-t-il la bonne volonté ? et : le partenaire dispose-t-il des capacités nécessaires ?

Pour mieux comprendre les conséquences de cette étape, une simple matrice 2x2 peut être utile pour la catégorisation, les deux axes de différenciation étant la "volonté" et les "capacités" fortes ou faibles :

Après le "Guide Opérationnel de la démarche M4P", 2ème édition, The Springfield Centre, 2015

En fonction des réponses aux deux questions susmentionnées, la question suivante et finale est : de quel type de soutien du projet le partenaire spécifique a-t-il besoin ?

Si sa volonté et ses capacités sont élevées, il est possible qu'il soit confronté à un facteur externe qui ralentisse son esprit d'innovation. Si sa volonté et ses capacités ne sont pas élevées, il pourra être utile de se pencher à la fois sur les capacités et les incitations, même si, dans ce cas, le risque d'échec est élevé et que le partenaire ne soit peut-être pas le bon après tout.

 

Facteurs clés pour des partenariats efficaces

 

Quelques aspects supplémentaires sont pertinents pour des partenariats fructueux dans un projet de développement de systèmes inclusifs :

 

  • Être proactif dans la recherche de partenaires. Les appels d'offres ne sont pas l'instrument le plus approprié pour le développement de systèmes, car les entreprises les plus innovantes n'y répondent généralement pas. Il est plus efficace que l'équipe de projet s'engage dans une recherche directe de partenaires. En outre, tenez compte de tous les types d'acteurs, grands ou petits, privés ou publics, car ils peuvent tous être essentiels pour dynamiser un secteur.
  • Développer conjointement des idées et rechercher des co-investissements. Les partenaires qui ont un sentiment d'appartenance sont plus susceptibles de faire avancer une intervention et le co-investissement augmente la motivation à réussir. Ainsi, la contribution du partenaire ne doit pas nécessairement être en espèces mais peut être en nature. Une approche flexible permet de trouver la bonne configuration pour chaque intervention.
  • Ne pas craindre le changement de partenaire. Lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu, il est préférable de changer de partenaire que de rester avec lui trop longtemps. C'est très important, car cela réduit la dépendance du projet à l'égard d'acteurs spécifiques et le risque d'un échec cuisant. Toutefois, un tel changement de partenaire doit être abordé avec précaution afin de ne froisser personne.
Le producteur d'engrais biologiques et partenaire de Béninclusif, Bienvenu Chabi Adjé (à gauche), développe des produits spécifiques aux agrumes, plus abordables et respectueux de l'environnement

Pour en savoir plus sur l'application pratique de ces principes de partenariat et sur les activités spécifiques de Béninclusif, lisez les articles publiés régulièrement sur notre site web, où vous pouvez également vous abonner au bulletin d’information.

 

Ce projet fait partie du programme de développement de Swisscontact, cofinancé par la DDC (Direction du développement et de la coopération Suisse, Département fédéral des affaires étrangères DFAE).

Les principes de travail de Swisscontact
Nous travaillons de manière systémique, c’est-à-dire que nous formons, transmettons et responsabilisons. De cette façon, nous renforçons les organisations et les partenaires locaux et les rendons directement responsables. C’est ainsi que nous obtenons des résultats largement efficaces.