Barikissou Tamou, de productrice à entrepreneure agricole

Agriculture durable
17.11.2022
Pour améliorer la productivité et la compétitivité des produits agricoles, le Programme d’Appui au Secteur du Développement Rural (PASDeR), financé par la Coopération suisse et exécuté par le Consortium Swisscontact-LARES, appuie les Organisations Socio-Professionnelles (OSP) à offrir des services adaptés et de qualité aux Exploitations Familiales Paysannes (EFP).  Ainsi, il facilite l’accès des exploitants agricoles aux facteurs de production dans le but d’accroître leurs revenus.
Mme Barikissou Tamou, l’une des rares femmes productrices agricoles dans la commune de Bembéréké, dans son champ de maïs

Madame Barikissou Tamou est l’une des rares femmes productrices agricoles dans la commune de Bembéréké (nord-est Bénin). Encourager les femmes à se lancer dans ce secteur est essentiel pour promouvoir l'émancipation économique des femmes. Grâce aux Unions Départementales des Producteurs du Borgou et de l’Alibori (UDP/BA), elle a bénéficié des appuis techniques et matériels qui lui ont permis de respecter ses calendriers culturaux et d’améliorer sa production de maïs et de soja. 

Agée de 51 ans et mère de six enfants dont quatre filles, Barikissou était une vendeuse de bois de chauffage. Elle a exercé ce métier pendant deux décennies mais elle n’était pas épanouie. Sur le poids de l’âge, elle a compris que cette activité devenait trop pénible, très risquant et moins rentable pour elle. C’est alors qu’elle s’est lancée dans la commercialisation du maïs à petite échelle. Un jour, un ami lui a fait comprendre que la demande de certains produits agricoles tels que le maïs et le soja était très forte et qu’en produisant ces cultures, elle pouvait prospérer tout en assouvissant sa passion pour le secteur agricole. Forte des nombreuses expériences acquises grâce à ses parents, elle crée son exploitation dénommée «Nin Wanrou ».

En 2018, sa production de trois hectares de maïs et d’un hectare de soja était respectivement de 1,3 tonnes et de 1,5 tonnes pour un revenu total de 609 000 FCFA (1 015 CHF) pour la campagne. Cette production n’était pas très rentable car elle rencontrait des difficultés à accéder aux intrants dans les délais du fait de son non-appartenance aux organisations socioprofessionnelles agricoles.

Par le biais de l’Union Communale des Producteurs de Bembérékè (UCP), partenaire du PASDeR, elle a appris qu’il y a une excellente opportunité pour améliorer sa production. « J’ai immédiatement réalisé tous les avantages que mon adhésion à cette organisation pourrait m’apporter et j’ai décidé d’intégrer la Coopérative Villageoise des Producteurs du Maïs (CVPM) « Sana tura su ka domse » qui est affiliée à l’UCP de Bembéréké. Après une sélection menée par cette UCP sur la base de critères bien déterminés, j’ai bénéficié de renforcements de capacités sur les bonnes pratiques de production du soja et du maïs, sur l’importance de la mise en œuvre du warrantage ainsi que sur la gestion durable des terres » confie Barikissou.

En outre, les Unions Départementales des Producteurs du Borgou et de l’Alibori (UDP/BA) offrent cette formation à leurs membres dans le but de renforcer leur adaptation et résilience face au changement climatique. Pour Barikissou, cette formation répondait parfaitement à ses besoins. 

»La mise en application des nouvelles techniques innovantes de gestion durable des terres apprises ainsi que de lutte contre les ravageurs et maladies des cultures m’ont permis d’adopter un système plus productif et durable«

Par ailleurs, elle a bénéficié des prestations de services de mécanisation agricole rendus par l’UCP de Bembérékè, elle-même attributaire d’un tracteur acquis grâce au PASDeR. «Je rencontrais des difficultés pour semer à bonne date car la main d’œuvre était de plus en plus rare. Mes enfants et moi étions tenus d’aider mon mari à faire les semis dans son exploitation avant de revenir travailler dans la mienne. Cela ne me permettait pas de réaliser mes opérations culturales à bonne date et d’emblaver plus de superficies » se souvient-elle. Le tracteur, mis à sa disposition par l’UCP, lui a permis de labourer ses champs dans les meilleurs délais tout en améliorant la capacité de mobilisation de ressources internes de l’UCP et d’augmenter légèrement ses superficies.

Enfin, faisant partie des femmes engagées pour la production agricole, un semoir multifonctionnel a été mis à sa disposition en 2021 par l’UDP/BA.  Ainsi, elle a pu semer à bonne date, 4 hectares de maïs et 2 hectares de soja, ce qui a fait passer sa production du mais de 1,3 tonnes à 8,8 tonnes et celle du soja de 1,5 tonnes à 5 tonnes pour un revenu total de 2 834 000 FCFA (4 720 CHF) pour la campagne. 

Barikissou saluant le président des Unions Départementales des Producteurs du Borgou lors de la remise de kits agricoles aux bénéficiaires
Barikissou dans son magasin de stockage des sacs de maïs

« Avec cet outil, j’ai fait des prestations de services à des pairs sur 20 hectares de maïs et 25 hectares de soja. Cela m’a permis de mobiliser 775 000 FCFA (1292 CHF) en une campagne agricole. Le PASDeR a fait de moi une entrepreneure agricole. J’ai pu aider mon époux à payer la scolarité de nos enfants » se réjouit Barikissou qui prévoit se procurer deux semoirs complémentaires pour la campagne prochaine.

Aujourd’hui, Barikissou dispose au total de trois champs pour une superficie globale de 9,5 hectares. Elle est considérée comme une entrepreneure agricole que le PASDeR a promue pour le développement de son entreprise. Elle a pénétré de nouveaux marchés dont celui du Niger qui lui offrent l’opportunité d’accroitre ses revenus.

Le champ de soja de Barikissou

Le Programme d'Appui au Secteur du Développement Rural (PASDeR) est financé par la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) et mis en œuvre par le consortium Swisscontact-LARES.

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