Initiative de compétences et de connaissances en agroforesterie pour le secteur du cacao au Ghana

Le projet pilote ASKI vise à doter le secteur cacaoyer ghanéen des compétences, des systèmes et des capacités institutionnelles nécessaires pour accompagner la transition des petits exploitants agricoles, passant de pratiques de monoculture fragmentées à faible ombrage vers des systèmes agroforestiers coordonnés et résilients face au changement climatique, alignés sur le standard de la Plateforme suisse pour un cacao durable.

La vision du projet est de faire de l’agroforesterie une voie pratique, évolutive et soutenue institutionnellement, permettant à la fois de renforcer les moyens de subsistance des producteurs et de contribuer aux engagements du Ghana en matière de climat, de biodiversité et de conformité au règlement européen sur la déforestation (EUDR).
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Ahafo Region
7.0000258
-2.539603
Ghana
Durée du projet
2026 - 2027
Financé par
  • Secrétariat d'Etat à l'économie SECO
Project Partner
  • Plateforme suisse pour un cacao durable (SWISSCO)

Le secteur du cacao au ghana, qui fait vivre plus de 800 000 petits exploitants agricoles et contribue de manière significative aux recettes nationales en devises, est de plus en plus fragilisé par les effets à long terme des systèmes de monoculture en plein soleil. La dégradation de la fertilité des sols, l’augmentation des ravageurs et des maladies, ainsi que la variabilité climatique croissante réduisent la productivité et déstabilisent les revenus des producteurs. Parallèlement, le Ghana doit se conformer à de nouvelles exigences environnementales et commerciales, telles que le règlement européen sur la déforestation (EUDR) et des engagements climatiques plus larges, ce qui accentue la pression sur les modes de production du cacao.

Bien que l’agroforesterie soit largement reconnue comme une solution durable à ces défis, les initiatives actuelles restent fragmentées, techniquement hétérogènes et insuffisamment institutionnalisées. On observe un manque de formateurs accrédités, des infrastructures de formation limitées, une faible coordination entre les acteurs et des mécanismes financiers encore peu développés pour soutenir la transition des producteurs. En l’absence de réponses à ces lacunes systémiques, les petits exploitants ne disposent ni des connaissances, ni des services d’appui, ni des incitations nécessaires pour adopter des systèmes agroforestiers avancés à grande échelle.

Le projet

Le projet pilote ASKI s’attaque aux barrières systémiques qui freinent l’adoption de l’agroforesterie dans le secteur cacaoyer ghanéen en renforçant les institutions de formation, en développant une main-d’œuvre qualifiée en agroforesterie, en produisant des données de recherche appliquée et en concevant des mécanismes de financement innovants incitant les producteurs à la transition.

La théorie du changement repose sur l’hypothèse suivante : si les centres nationaux de formation, les institutions de recherche, les services de vulgarisation et les acteurs privés disposent de connaissances standardisées, de compétences accréditées et d’outils coordonnés en agroforesterie, et si les producteurs bénéficient à la fois d’un appui technique et d’incitations financières, alors l’agroforesterie pourra passer de projets pilotes isolés à une pratique institutionnalisée et déployée à grande échelle dans les paysages cacaoyers.

 

Innovation clé 

L’une des principales innovations du projet réside dans son approche intégrée combinant :

  • la création et le soutien d’un Centre d’excellence à Goaso, en lien avec des institutions existantes telles que le Bunso Cocoa College et le CRIG ;
  • la mise en place d’un système d’accréditation Sankofa pour les agents et formateurs en agroforesterie dynamique (Dynamic Agroforestry – DAF) ;
  • la conception d’un modèle de paiement basé sur les résultats (Outcome-Based Payment – OBP), soutenu par des systèmes robustes de suivi, reporting et vérification (MRV), et relié à des mécanismes de financement carbone.

Ce modèle intégré relie le développement des compétences, l’apprentissage institutionnel, les preuves scientifiques et les incitations financières au sein d’un système cohérent visant à généraliser l’agroforesterie.

 

Principales activités

  • Développement d’un programme de formation en 5 modules et accréditation de 80 agents DAF, à travers un programme de formation des jeunes et de formation de formateurs au Centre d’excellence de Goaso.
  • Cartographie des acteurs et centres de formation en agroforesterie, création de référentiels de connaissances et co-développement de modules de formation professionnelle avec des institutions telles que le Bunso Cocoa College.
  • Réalisation d’études de référence, d’analyses de rentabilité et d’évaluations de modèles économiques avec des partenaires de recherche tels que le CRIG et l’ETH Zurich, afin d’orienter les stratégies de mise à l’échelle.
  • Conception et validation d’un projet pilote de paiement basé sur les résultats (OBP) et exploration des opportunités de financement carbone pour encourager l’adoption de l’agroforesterie par les producteurs.

 

Bénéficiaires

Les bénéficiaires directs sont les petits exploitants cacaoyers ghanéens, qui auront accès à de meilleures connaissances, à des services renforcés et à des incitations financières pour adopter des systèmes agroforestiers. Les bénéficiaires indirects comprennent les agents de vulgarisation, les formateurs et les jeunes, qui acquièrent des compétences certifiées en agroforesterie, ainsi que les institutions nationales, renforcées pour soutenir une production cacaoyère résiliente au changement climatique à grande échelle.

Résultats attendus

  • Une infrastructure de formation de base pleinement opérationnelle est mise en place au Centre d’excellence de Goaso pour accueillir des formations en agroforesterie.
  • Un programme standardisé de formation en agroforesterie en 5 modules et un système d’accréditation Sankofa sont développés et mis en œuvre.
  • 80 agents en agroforesterie dynamique (DAF) sont formés, évalués et certifiés pour fournir des services agroforestiers au sein de leurs communautés.
  • Les institutions de formation existantes, telles que le Bunso Cocoa College, sont dotées de modules de formation professionnelle co-construits et de référentiels de connaissances sur l’agroforesterie de base, avancée et dynamique.
  • Les données issues des études de référence, de rentabilité et des modèles de services alimentent les stratégies nationales de déploiement de l’agroforesterie.
  • Un modèle de paiement basé sur les résultats (OBP) validé, assorti d’un accord entre les parties prenantes, est mis en place afin d’inciter financièrement les producteurs à adopter l’agroforesterie.