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À 29 ans, Abdoulkarim vit à Azamor, un quartier pastoral de la commune d’Abalak, au Niger. Comme beaucoup de jeunes de sa région, il pratique l’élevage depuis toujours. Mais malgré son engagement et sa détermination, les résultats ne sont pas au rendez-vous : ses vaches produisent à peine un litre de lait par jour. Les ressources alimentaires sont rares, souvent inadaptées, et les techniques modernes d’alimentation animale peu connues.
Dans cette zone à forte vocation pastorale, les défis sont nombreux : sécheresse prolongée, pression démographique, changement climatique. Faute de formation, les jeunes éleveurs s’appuient sur des pratiques traditionnelles qui ne permettent plus de répondre aux besoins actuels. Résultat : une production laitière faible, une santé animale fragile, et des revenus incertains pour les familles.
C’est dans ce contexte que GWANI, un programme de la Coopération Suisse (DDC) et mis en œuvre par Swisscontact, intervient. Son objectif : renforcer l’autonomie professionnelle des jeunes vulnérables à travers des formations qualifiantes de courte durée, adaptées aux réalités locales.
Abdoulkarim intègre une formation en production d’aliments pour bétail, organisée par le comité local de formation et d’insertion professionnelle des jeunes d’Abalak. Pendant deux semaines, il découvre un programme intensif, pratique et concret. Il apprend à formuler des aliments concentrés équilibrés, à fabriquer des pierres à lécher et des blocs nutritionnels, à conserver le fourrage, et à gérer une petite entreprise de production et de vente.
Les effets sont immédiats. La production laitière triple. Abdoulkarim gagne en autonomie, en confiance, et en revenus. Il envisage désormais d’élargir son cheptel, d’investir dans des équipements de transformation laitière, et de créer de nouveaux débouchés sur le marché local.
Son parcours illustre la puissance d’un accompagnement ciblé et contextualisé. Il montre comment une formation bien conçue peut transformer une activité de subsistance en source de revenus durable, tout en renforçant la résilience des communautés rurales.
L’histoire d’Abdoulkarim illustre avec clarté l’impact des formations courtes, pratiques et contextualisées lorsqu’elles sont conçues en lien étroit avec les réalités du terrain. Le programme GWANI, propose une approche qui va bien au-delà de la transmission de savoirs : il s’agit d’un véritable levier de transformation sociale et économique.
En misant sur la co-construction avec les acteurs locaux, GWANI valorise les ressources du territoire et les savoirs pratiques. Cette démarche permet à des jeunes comme Abdoulkarim de repenser leur activité, de renforcer leur autonomie et de devenir des moteurs du développement local.
Son parcours n’est pas une exception : il incarne un modèle reproductible et mesurable, capable de générer un triple impact, économique, social et humain, dans des contextes marqués par la vulnérabilité et le manque d’opportunités.