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À Soungola, dans la commune rurale de Boidié, région de Ségou, Aminata Diarra se tient debout dans son jardin. Mère de famille, elle cultivait auparavant avec des pratiques peu structurées, insuffisamment adaptées aux aléas climatiques. Comme pour de nombreuses petites exploitations familiales au Sahel, cette situation limitait la capacité de son ménage à sécuriser ses revenus et son alimentation. Son parcours montre comment un accompagnement ciblé peut transformer une activité vulnérable en trajectoire plus stable et durable.
Le changement intervient lors de sa participation aux formations du SIFA de Tamani. Aminata y découvre et applique des techniques agroécologiques adaptées aux réalités locales, telles que la fabrication de bokashi, l’utilisation d’engrais organiques et de biopesticides, l’amélioration des planches de culture et le repiquage en ligne. Ces pratiques lui permettent de mieux organiser sa production, d’anticiper les cycles et de réduire les pertes. Elle résume elle-même cette évolution avec des mots simples et concrets :
Entre juillet et novembre 2025, Aminata transforme une parcelle de 140 m² en une source de revenus fiable. Elle produit environ 300 kg de papaye par an, en complément de plusieurs kilos d’oignons et de menthe, pour un chiffre d’affaires total avoisinant 300 000 FCFA soit 424 CHF. En parallèle, elle développe un petit élevage de moutons et de chèvres qui lui permet de vendre chaque année quelques ovins. Au total, ces ventes représentent environ 230 000 FCFA, soit environ 320 CHF de revenus additionnels par an. La qualité des produits s’améliore et la nutrition familiale se renforce, démontrant qu’une meilleure maîtrise des pratiques peut produire des résultats significatifs, même sur des surfaces limitées.
Les résultats obtenus attirent rapidement l’attention dans le voisinage. Le jardin d’Aminata devient un point de référence et un espace d’apprentissage informel. Elle raconte :
Cette dynamique montre comment l’investissement dans les compétences peut générer un effet d’entraînement et renforcer le leadership féminin au niveau communautaire.
L’exemple d’Aminata confirme la pertinence du dispositif SIFA, mis en œuvre dans le cadre du programme Sahel Opportunités II. En renforçant les compétences techniques et entrepreneuriales des femmes, les SIFA contribuent à la résilience locale, à la sécurité alimentaire et à l’autonomisation économique dans un contexte de ressources limitées.
Ce projet est financé par Liechtensteinischer Entwicklungsdienst (LED). Il fait partie du programme de développement de Swisscontact, cofinancé par la Direction du développement et de la coopération Suisse (DDC), Département fédéral des affaires étrangères DFAE.