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Perspectives d’avenir de la formation professionnelle au Bénin

 

Quinze années se sont écoulées depuis la première réforme de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle en 2001.

En ces années-là, la formation professionnelle s’est révélée porteuse d’enjeux et d’espoirs face aux attentes de la jeunesse béninoise et en vue de la qualification professionnelle de la population. Ainsi, le remplacement du diplôme de libération par le Certificat de Qualification aux Métiers (CQM) a uniformisé sur le plan national la certification des apprentis se formant de manière traditionnelle auprès d’un artisan. Aujourd’hui, le patron n’est plus seul à intervenir dans la procédure de certification de ses apprentis. Celle-ci se fait sur la base d’une réglementation étatique et en accord avec les Organisations Professionnelles d’Artisans de la région concernée. Quant au Certificat de Qualification Professionnelle (CQP), le Bénin souhaite tendre vers un système de formation professionnelle proche des modèles allemand, ou suisse ayant largement fait leurs preuves. En cela, on peut affirmer que le Bénin possède un système de formation professionnelle plus réglementé et développé que certains de ses pays voisins d’Afrique de l’Ouest, ce qui, à l’avenir, pourrait faire de lui un exemple de réussite.


Formateurs et maître-artisans se servent de ces deux diplômes nationaux pour assurer une formation en adéquation avec les besoins du marché du travail, ainsi que pour garantir une alternance réussie entre deux lieux de formation. À ce jour, les métiers sont répertoriés en 8 branches d’activités, 40 corps de métiers et 311 métiers.


Malgré ces avancements majeurs, la formation professionnelle doit encore faire face à grands défis. Ainsi, il perdure un certain nombre de critiques à son encontre.

 

 

Défis

De manière générale, la gouvernance du système et surtout son financement ne sont pas satisfaisants. En effet, le système ne pourra pas fonctionner efficacement sans une certaine fiabilité des modes de financement.

En général, les rapports de collaboration établis entre les différents ministères en charge du dispositif de formation professionnelle ne sont pas réfléchis et codifiés dans une logique de complémentarité, de synergie et d’efficience.

Une autre critique concerne les infrastructures d’une partie des établissements intervenant dans la formation professionnelle (ateliers d’artisans, CFP), qui sont inadéquates et n’offrent pas des situations de travail propices au bon développement professionnel des apprentis. Puis, il est souvent relevé le manque de qualification des enseignants, qui tend à baisser le niveau dans les classes.

De plus, les programmes d’étude ne sont pas toujours respectés du fait de certains des facteurs évoqués ci-dessus (niveau des apprentis insuffisants pour certains modules, infrastructures inadaptées à certains exercices pratiques, etc.). Et malgré des études de diagnostic des besoins en compétences, l’offre éducative de la formation professionnelle n’est pas toujours en adéquation avec les besoins du marché du travail, ce qui réduit fortement l’efficacité du système – entre autres, l’insertion professionnelle des jeunes.

De même, on dénote une faiblesse du système dans l’égalité d’accès et de participation à la formation professionnelle. En effet, l’effectif des apprentis susceptibles d’accéder à la formation par apprentissage de type dual est une infime minorité de la masse totale des apprentis béninois. L’une de raisons est que les apprentis, dans leur grande majorité, ne justifient pas d’un niveau de scolarisation supérieur ou équivalent au CM2 . Dès lors, à peine 10% déclarent avoir ce niveau de scolarisation requis.


Et finalement, en termes de besoins d’amélioration, il faut aussi mentionner les parents d’apprentis qui, devant encore débourser passablement d’argent pour la formation de leurs enfants, restent trop peu sensibilisés à cette voie de formation et aux opportunités qu’elle offre aux futurs artisans qualifiés.

Auto emploi

Dans le contexte d’auto-emploi, la formation professionnelle de type dual aboutissant au CQP a de bons atouts à jouer. En inculquant aux jeunes des compétences non seulement techniques et professionnelles mais aussi de culture générale et de maîtrise de la langue française, de même qu’en leur garantissant un diplôme certifié au niveau national, les jeunes diplômés du CQP partent avec un avantage certain dans la vie active. En effet, face aux jeunes se formant exclusivement au sein d’un atelier artisanal, qui possèdent certes un bon niveau technique du métier mais pas de compléments théoriques, l’approche du CQP forme des jeunes qui sauront agir avec habiletés et réagir avec réflexion.


Si la formation au CQP se déroule effectivement dans les entreprises artisanales du secteur informel, le travail de réglementation qui a été fait autour de sa mise en œuvre (signature d’un contrat d’apprentissage, définition de programmes d’études, reconnaissance du diplôme au niveau national) assure au diplômé une connaissance de ses droits et une certaine protection de ses intérêts.

Conscient des efforts réalisés pour satisfaire aux exigences d’octroi du diplôme, le jeune diplômé est doté de qualifications lui permettant d’éviter le piège de l’exploitation au travail. En formant des jeunes qualifiés, conscients de leurs droits et de leurs obligations, qui formeront les apprentis de demain, la formation professionnelle de type dual est à même d’améliorer les conditions de travail dans les entreprises artisanales.

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